Fiche ressource
Les nanomatériaux
Invisibles à l'œil nu, les nanomatériaux sont partout et font partie intégrante de notre quotidien. Découvrez dans ce clip « 2 minutes tout compris » leur origine, leurs impacts et les enjeux de l'infiniment petit, pour mieux comprendre les mesures de prévention et la réglementation actuelle.
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Pour répondre à cette question, il nous faut quitter le monde tel que nous le connaissons, et entrer dans le monde de l'infiniment petit.
À cette échelle, nos unités de mesure classiques ne sont plus en vigueur.
Ici, on parle en nanomètre, ce qui correspond à 1 milliardième de mètre.
Et les nanomatériaux qui nous intéressent ont une taille comprise entre 1 et 100 nanomètres.
C'est environ 10 000 fois plus petit que le diamètre d'un cheveu humain.
Inutile donc de partir à la chasse aux nanomatériaux, ils sont invisibles à l'œil nu !
Les nanomatériaux sont naturellement présents dans notre environnement.
On en trouve dans les embruns en bord de mer, dans la poussière ou encore dans les panaches de fumée dégagés par les volcans.
Les nanomatériaux sont aussi constitutifs du vivant.
Les plantes, les insectes, les êtres humains contiennent des nanostructures.
Même notre ADN est un nanomatériau.
Mais la nature n'est pas la seule responsable de leur présence, l'être humain est également capable d'en produire sous différentes formes : nanoparticules, nanofibres ou encore nanofilms.
Fabriqués à base de carbone, de métaux, ou de polymères, ils sont reconnus pour leurs propriétés exceptionnelles.
Ils sont plus résistants, plus conducteurs, plus légers, antibactériens, anti-UV, plus brillants ou encore plus imperméables que les matériaux de plus grande taille.
C'est en 1959 que le physicien Richard Feynman a suggéré qu'il était possible de manipuler la matière au niveau des atomes.
Cette découverte, et les autres qui ont suivi, ont permis à l'industrie de fabriquer des nanomatériaux qui sont désormais intégrés à notre quotidien.
De l'électronique à la médecine, en passant par le transport, les textiles ou les cosmétiques, ces matériaux sont partout.
On les utilise même pour nettoyer les nappes phréatiques et protéger la ressource en eau potable. Leur petite taille leur permet de voyager facilement et sur de grandes distances dans l'environnement.
Lors de leur fabrication, de leur utilisation ou à la fin de vie des produits, les nanomatériaux peuvent être libérés dans l'air, l'eau ou les sols.
Cette dispersion peut perturber l'équilibre des écosystèmes.
L'interaction des nanomatériaux avec des atomes naturellement présents dans l'environnement peut provoquer des réactions chimiques et impacter la santé du vivant.
Dans l'eau, les nanomatériaux affectent les micro-organismes et les algues, essentiels à la qualité des milieux aquatiques et à la production d'oxygène.
Dans les sols, ils peuvent modifier l'activité des bactéries et champignons essentiels indispensables à la fertilité et au cycle des nutriments.
Ils peuvent aussi pénétrer l'organisme humain, atteignant le sang, les poumons, le foie, le cœur, ou encore le cerveau, et jouer un rôle dans certaines maladies respiratoires, cardiaques et neurologiques.
Les travailleurs qui les manipulent sont particulièrement exposés.
L'enjeu est donc de taille : comment tirer parti des atouts des nanomatériaux sans en subir les risques toxiques ?
Le principe de précaution est de mise pour limiter l'exposition des êtres vivants.
C'est l'objet du quatrième Plan National Santé Environnement qui propose des actions pour renforcer l'information et assurer plus de vigilance.
La réglementation évolue, notamment grâce à l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail, 'Anses.
Par exemple, l'utilisation de certaines substances comme le dioxyde de titane, qui était utilisé comme additif alimentaire, “E171”, a été interdit suite à des préoccupations sanitaires.
De même, il est désormais obligatoire pour les fabricants de produits alimentaires et cosmétiques d'indiquer leur présence sur les emballages avec la mention “[Nano]”.
C'est en faisant preuve de transparence et de vigilance que nous pourrons maîtriser l'incroyable potentiel de l'infiniment petit, tout en limitant au maximum leurs impacts sur la santé et l'environnement.
- Année : 2026
- Editeur : Agir pour la santé du vivant Bourgogne-Franche-Comté