La déprescription comme stratégie de soutenabilité : pourquoi et comment ?
Présentation : Or Z. (Irdes)
Avec la participation de : Matthias Brunn (EHESP, Liepp), Eabha Manley (EHESP, Irdes), Laura Duprat (CSO), Sergio Oliveira Formoso (EHESP)
La surutilisation des médicaments, notamment chez les personnes atteintes de maladies chroniques, constitue une préoccupation croissante de santé publique. La prescription inappropriée contribue non seulement aux effets indésirables médicamenteux, mais engendre également des coûts économiques et des impacts environnementaux significatifs. La déprescription, entendue comme le processus systématique de réduction ou d’arrêt des médicaments inappropriés, vise à améliorer les résultats cliniques et à renforcer la pertinence des traitements prescrits.
Ce séminaire propose trois études autour de la thématique de la déprescription, dans l’objectif d’identifier un certain nombre d’interventions efficaces et de discuter des barrières et des leviers potentiels à leur mise en œuvre en France.
La première étude présente une revue de la littérature qui cartographie les différents types d’actions de déprescription, leurs populations cibles, ainsi que les résultats associés. Cette première synthèse des données disponibles montre que la majorité des interventions reposent sur des stratégies centrées sur les professionnels de santé, incluant des actions de formation et des revues de médication. Certaines interventions impliquent également directement les patients, notamment à travers des supports éducatifs.
La deuxième étude, de nature exploratoire, repose sur une enquête menée auprès de professionnels de santé, de patients, de décideurs et d’acteurs institutionnels. Elle combine questionnaires et méthode Delphi adaptée afin d’analyser les perceptions de ces acteurs. Malgré un consensus global autour des bénéfices cliniques, économiques et environnementaux de la déprescription, plusieurs obstacles persistent : formation insuffisante, coordination interprofessionnelle difficile, contraintes de ressources et cadre réglementaire peu adapté.
Enfin, la troisième étude s'intéresse aux enjeux relationnels liés à la prescription, en adoptant le point de vue des médecins, ainsi que celui d’autres acteurs impliqués (patients, infirmiers, pharmaciens, psychologues, spécialistes). Elle s'appuie sur les résultats d’enquêtes qualitatives menées auprès de ces différents groupes pour éclairer les dynamiques et tensions propres à la pratique de déprescription.
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InscriptionLieu : En ligne